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Politique

Le VPM Shabani sur un siège éjectable

Tshopo12 avril 20260 commentaire
Le VPM Shabani sur un siège éjectable

Ce 13 avril 2026, une motion de défiance contre le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani, ministre de l'Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, a été transmise à l'Assemblée Nationale. Le document, signé par le député Laddy Yangotikala (élu de Kisangani), révèle un dissensus croissant sur la gestion de la crise sécuritaire qui paralyse Kinshasa et plusieurs autres provinces.

56 signatures déjà récoltées : le début d'une tempête ?

Selon les informations obtenues par TSHOPO.COM, la motion de défiance a déjà obtenu le soutien de 56 parlementaires. Un chiffre considérable qui témoigne de la profondeur du malaise au sein de l'Assemblée Nationale face à la gestion de la sécurité du pays.

« Nous avons dépassé les attentes », confient les initiateurs de cette motion, visiblement encouragés par cette mobilisation rapide. Le seuil critique pour déstabiliser un ministre est franchi : la pression monte.

Le document officiel, enregistré sous la référence N/ Réf : 031 /ASN/CAB/YSL/04/2026 au Cabinet du Président de l'Assemblée Nationale, porte la date du 13 avril 2026. Un timing qui ne doit rien au hasard : cette motion intervient après des semaines de tension croissante sur les questions sécuritaires à Kinshasa et dans des provinces.

Les reproches : insécurité galopante et inefficacité

Les signataires de la motion reprochent au VPM Shabani son

•       Incompétence manifeste face à l'insécurité croissante à Kinshasa

•       Incapacité à stabiliser la situation sécuritaire dans d'autres villes du pays

•       Gestion défaillante du portefeuille de l'Intérieur, malgré les moyens mis à disposition

En d'autres termes, pour les parlementaires auteurs de cette motion, le VPM a échoué sur son cœur de mission. La capitale congolaise connaît une instabilité persistante, marquée par des braquages, des enlèvements et des affrontements entre groupes armés. Cette situation fait craindre aux députés que la gestion gouvernementale n'amplifie le chaos plutôt que de le contenir.

« Nous ne pouvons plus tolérer l'inaction. Le peuple congolais mérite un ministre de l'Intérieur à la hauteur des enjeux », affirment les signataires de la motion.

Un précédent dérangeant pour le gouvernement

Cette motion ne tombe pas du ciel. Elle révèle des tensions latentes au sein de la majorité gouvernementale et, plus largement, des déceptions parmi les parlementaires face aux politiques de sécurité menées ces derniers mois. Le dépôt d'une motion de défiance est un signal politique extrêmement fort en République Démocratique du Congo.

Les procédures suivront maintenant : débat à l'Assemblée Nationale, possibilité de défense du ministre, et vote. Si les 56 signatures se confirment et que le soutien se consolide, le VPM Shabani pourrait bien être contraint à la démission ou à un renvoi par le Président de la République.

En politique congolaise, quand le vent tourne, il peut tourner très vite.

Qui est l'architecte de cette motion ?

Laddy Yangotikala, député national élu de Kisangani, est le porteur officiel de cette motion. Yangotikala représente une tendance au sein du parlement : celle des élus régionaux insatisfaits de l'absence de gouvernance efficace et qui osent briser le consensus pour réclamer des comptes.

En contact direct avec ses électeurs dans la province de la Tshopo, Yangotikala se positionne comme la voix des citoyens exaspérés par les conditions de sécurité. Son initiative pourrait lui conférer un poids politique nouveau au sein de l'Assemblée Nationale.

Une crise sécuritaire sans précédent

Kinshasa traverse une période d'instabilité critique. Les crimes de droit commun ont explosé, alimentés par des réseaux organisés, des bandes criminelles et, selon certaines sources, par l'implication indirecte de groupes politiques. Le gouvernement a mis en place des opérations sécuritaires, mais sans résultats probants jusqu'à présent.

Face à ce vide apparent de gouvernance sécuritaire, la motion de défiance représente une manifestation claire du mécontentement.

À suivre… très attentivement

Cette motion de défiance ouvre un nouveau chapitre politique complexe pour le gouvernement. Les prochains jours seront déterminants : la majorité parviendra-t-elle à se rallier autour de son ministre ? Le Président acceptera-t-il cette remise en cause ? Shabani réussira-t-il à mobiliser une défense politique convaincante ?

Ce qui est certain, c'est que le Vice-Premier ministre Jacquemain Shabani n'est plus en position de force. Son siège vient de devenir étonnamment vulnérable. Et en politique congolaise, l'instabilité ministérielle peut se transformer en crise gouvernementale beaucoup plus rapidement qu'on ne l'imagine.

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