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Politique

SCANDALE À L'ASSEMBLÉE NATIONALE : LE DÉPUTÉ CIZUNGU NTABOBA TENTE L'IMPOSSIBLE ET S'EXPOSE AU RIDICULE

Tshopo13 avril 20260 commentaire
SCANDALE À L'ASSEMBLÉE NATIONALE : LE DÉPUTÉ CIZUNGU NTABOBA TENTE L'IMPOSSIBLE ET S'EXPOSE AU RIDICULE

Il aura fallu une simple lettre, rédigée à la hâte et tamponnée en catastrophe, pour que le député national Cizungu Ntaboba Landry révèle au grand jour ce que beaucoup soupçonnaient déjà : une méconnaissance flagrante du Règlement intérieur de l'institution qu'il est censé incarner, ou pire, un mépris assumé des règles qui régissent le mandat parlementaire.

Un coup de théâtre juridiquement nul

Ce 14 avril 2026, le député de Bukavu a cru bon d'adresser au Président de l'Assemblée nationale une lettre de « désengagement » de l'action parlementaire initiée contre le Vice-Premier Ministre de l'Intérieur. Geste courageux ? Acte de conscience ? Que nenni. Il s'agit ni plus ni moins d'une tentative désespérée et juridiquement nulle de faire marche arrière après avoir signé ce qui semble être une motion de défiance.

Car l'honorable député semble avoir oublié ou feint d'ignorer ce que le Règlement intérieur de l'Assemblée nationale dispose en son article 214, noir sur blanc, sans équivoque aucune :

« À partir du dépôt, aucune signature ne peut être ni retirée, ni ajoutée. »

Six mots suffisent à résumer l'inutilité de sa démarche : sa signature est déposée, elle reste.

La loyauté partisane au-dessus de la loi ?

Ce qui est encore plus révélateur dans cette lettre, c'est la motivation invoquée par le député pour justifier son volte-face. Cizungu Ntaboba Landry ne dit pas qu'il a agi par erreur, ni qu'il a été mal informé sur les faits reprochés au VPM de l'Intérieur. Non. Il se rétracte parce qu'il n'aurait pas obtenu le quitus de sa famille politique, l'USN, et de son parti, l'AFDC de Modeste Bahati Lukwebo.

Voilà qui est édifiant. Le député national, rappelons-le, représente la Nation tout entière, et non son parti politique. L'article 5 du Règlement intérieur est pourtant limpide : « Le député national représente la nation. » Et l'article 103 va plus loin encore, précisant que dans ses interventions, « le député national agit selon sa conviction et sa conscience. »

En d'autres termes, Monsieur Cizungu Ntaboba a signé selon sa conscience, puis a tenté de se rétracter sur ordre de son chef de parti. Ce faisant, il avoue publiquement que sa conscience est à géométrie variable, et qu'elle se règle au bureau de l'Autorité Morale de l'AFDC.

Un précédent dangereux à ne pas laisser prospérer

Que le Bureau de l'Assemblée nationale classe cette lettre sans suite, cela va de soi sur le plan juridique. Mais le danger serait de laisser cette tentative sans réponse ferme et publique. Car si l'on tolère qu'un député puisse, sous pression partisane, tenter de remettre en cause un acte parlementaire déjà déposé, c'est toute la crédibilité de l'institution qui vacille.

L'Assemblée nationale n'est pas un marché où l'on signe le matin et où l'on se rétracte l'après-midi parce que le chef de parti a appelé entre-temps. Le mandat parlementaire est une charge sérieuse, solennelle, encadrée par des textes que chaque député a le devoir impérieux de connaître et de respecter.

Un député doit savoir ce qu'il signe

La vraie question que pose cet épisode embarrassant est celle-là : comment un élu de la Nation, siégeant au Palais du Peuple, peut-il ignorer une disposition aussi fondamentale que l'irréversibilité d'une signature apposée sur une motion ? Était-il conscient de la portée de son acte lorsqu'il a signé ? Ou a-t-il signé à la légère, au gré des pressions du moment, sans mesurer les conséquences juridiques de son engagement ?

Dans l'un ou l'autre cas, le tableau est accablant.

Le Règlement ne se négocie pas

Monsieur Cizungu Ntaboba Landry peut écrire autant de lettres qu'il le souhaite, les tamponner, les signer de sa plus belle plume et les acheminer en express au Cabinet du Président de l'Assemblée nationale. Rien n'y fera. La loi est la loi. L'article 214 du Règlement intérieur s'applique à tous les députés, qu'ils soient proches de Bahati Lukwebo ou non.

Sa signature est là. Elle y restera.

Et pendant que ce député s'agite pour plaire à son parti, les Congolais, eux, attendent de leurs représentants non pas de la soumission aux appareils politiques, mais du courage, de la cohérence et de la dignité.

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